SUP standard CNIG - structuration et livraison
Réglementation

Standard CNIG SUP : comment structurer, coder et livrer les servitudes d'utilité publique pour le GPU

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21 février 202614 min de lecture

En France, plus de 80 catégories de servitudes d'utilité publique s'appliquent au territoire et contraignent directement les droits des propriétaires et les possibilités de construction ou d'aménagement. Ces SUP, annexées obligatoirement aux Plans Locaux d'Urbanisme (PLU) et PLUi, constituent un volet technique exigeant pour tout géomaticien chargé de leur numérisation et de leur livraison. Depuis la publication du standard CNIG SUP, collectivités et prestataires disposent d'un cadre de structuration précis — mais sa mise en œuvre reste source d'erreurs fréquentes, et un jeu de données hors standard entraîne un rejet automatique sur le Géoportail de l'urbanisme dans une majorité des premières soumissions. Cet article vous guide étape par étape pour structurer, coder et livrer des données SUP conformes aux exigences réglementaires et techniques.

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Servitudes d'utilité publique : définition juridique et rôle du standard CNIG

Une servitude d'utilité publique (SUP) est une limitation administrative du droit de propriété, instituée au bénéfice de personnes publiques, de concessionnaires de services publics ou de l'État, afin de garantir la réalisation ou le bon fonctionnement d'équipements ou d'ouvrages d'intérêt général, indépendamment de toute cession de propriété.

Cette définition, ancrée dans les articles L. 151-43 et L. 161-1 du Code de l'urbanisme, pose un principe fondamental : la SUP n'est pas une règle d'urbanisme librement choisie par la collectivité, mais une contrainte juridique externe dont l'opposabilité aux tiers résulte de son annexion au PLU. Toute servitude non annexée dans les délais perd son opposabilité après trois mois suivant la délivrance du permis, conformément à l'article R. 153-18 du même code. Ce délai court et cette condition formelle font de l'annexion au PLU — et donc de la numérisation conforme — une obligation opérationnelle à ne pas négliger.

Le standard CNIG SUP, publié et maintenu par le Conseil National de l'Information Géographique, traduit ces obligations juridiques en exigences techniques précises. Il définit le modèle de données, les nomenclatures de codes, les géométries attendues et les règles de livraison, en cohérence avec la directive INSPIRE et les spécifications du Géoportail de l'urbanisme (GPU). Son adoption est rendue quasi-obligatoire par les conditions de dépôt sur le GPU — lui-même rendu obligatoire pour les PLU et PLUi par l'article L. 133-1 du Code de l'urbanisme —, qui refuse les jeux de données non conformes. Les cahiers des charges des EPCI et des services de l'État intègrent désormais systématiquement cette exigence.

Concrètement, le standard CNIG SUP impose de distinguer trois objets géographiques complémentaires : l'assiette de la servitude (l'emprise physique de la contrainte sur le territoire, sous forme surfacique, linéaire ou ponctuelle), le générateur de la servitude (l'objet à l'origine de la contrainte — ligne électrique, captage, monument historique), et les actes institutifs (les documents juridiques qui fondent la servitude). Cette tripartition structure l'ensemble du modèle de données et conditionne la validité des livraisons.

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Nomenclature des codes SUP CNIG : guide complet pour éviter les erreurs de classification

La nomenclature CNIG SUP est un système de codification hiérarchisé permettant d'identifier de façon univoque chaque catégorie de servitude dans un jeu de données géospatial interopérable et consultable sur le Géoportail de l'urbanisme.

Le standard distingue plus de 80 types de SUP regroupés en cinq grandes familles thématiques, chacune subdivisée en catégories et sous-catégories auxquelles est attribué un code alphanumérique normalisé. La maîtrise de cette nomenclature est le premier verrou technique à franchir pour tout géomaticien chargé de la numérisation SUP. Une erreur de codification n'est pas anodine : elle conditionne directement les règles de constructibilité affichées aux pétitionnaires et aux instructeurs depuis la couche SUP du GPU.

Famille CNIGCode familleType de SUPCode type
Servitudes relatives à l'utilisation de certaines ressources et équipementsALignes électriques haute tensionAC1
Canalisations de transport de gazAC2
Ouvrages de transport et distribution d'eauAS1
Servitudes relatives à la salubrité et à la sécurité publiquesIPérimètres de protection des captages AEPAS1
PPR risques naturels prévisiblesPM1
PPR risques miniersPM2
PPR risques technologiquesPM3
Servitudes relatives à la défense nationaleBServitudes militaires de protectionB1
Servitudes relatives à la protection du patrimoineACMonuments historiques (périmètre 500 m)AC4
Sites inscritsAC2
Sites classésAC1
Servitudes relatives aux communications et aux transmissionsPTServitudes radioélectriques (obstacles)PT1
Servitudes radioélectriques (perturbations)PT2
Servitudes relatives à l'utilisation des voies et espaces naturelsELChemins rurauxEL3
Cours d'eau domaniauxEL7

Les erreurs de classification les plus fréquentes portent sur la confusion entre PT1 (servitudes radioélectriques contre les obstacles, qui protègent les faisceaux hertziens des obstructions physiques) et PT2 (servitudes radioélectriques contre les perturbations électromagnétiques, qui limitent les activités susceptibles de brouiller les émissions). Ces deux types impliquent des contraintes de constructibilité distinctes et ne sont pas interchangeables. De même, la distinction entre AC4 (périmètre de 500 mètres autour d'un monument historique classé ou inscrit, avec consultation obligatoire de l'Architecte des Bâtiments de France) et AC2 (sites inscrits à l'inventaire supplémentaire) est essentielle : confondre les deux fausse les périmètres de protection affichés aux porteurs de projet.

Pour les servitudes issues des Plans de Prévention des Risques (PPR), le standard CNIG impose un code spécifique selon la nature du risque — PM1 pour les risques naturels prévisibles, PM2 pour les risques miniers, PM3 pour les risques technologiques. Livrer une servitude PPR sans distinguer ces sous-types constitue une non-conformité bloquante lors de l'intégration GPU, et prive les instructeurs d'une information déterminante pour l'instruction des permis.

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Structurer les couches SUP dans votre SIG : modèle de données CNIG expliqué

Structurer une base de données SUP conforme au standard CNIG signifie organiser les données géospatiales en couches thématiques reliées entre elles par des identifiants uniques, selon un modèle entité-relation précis qui reflète la réalité juridique de chaque servitude et garantit l'interopérabilité INSPIRE des données d'urbanisme.

Le modèle de données CNIG SUP repose sur trois tables principales, chacune correspondant à un objet géographique distinct et reliées entre elles par l'attribut IDSUP.

La table ASSIETTE_SUP contient la géométrie de l'emprise de la servitude sur le territoire. Cette géométrie peut être un polygone (périmètre de protection d'un captage AEP), une ligne (couloir d'une ligne haute tension) ou un point (emplacement d'un pylône radioélectrique). Chaque entité doit obligatoirement porter les attributs suivants : IDSUP (identifiant unique), TYPESUP (code de la famille selon la nomenclature CNIG), NOMSURF (nom de l'assiette), IDGENERATEU (lien vers le générateur) et SRCGEOM (source de la géométrie — crucial lorsque le périmètre a dû être reconstitué à partir de l'acte institutif). Les champs DATECREATIO et DATEMAJ sont également obligatoires pour assurer la traçabilité des données et permettre les mises à jour.

La table GENERATEUR_SUP décrit l'objet physique ou juridique à l'origine de la contrainte. Pour une ligne électrique, il s'agit d'un tracé linéaire ; pour un monument historique, d'un point ou d'un polygone représentant l'édifice ; pour un captage AEP, du point de prélèvement. Le générateur porte l'attribut IDGENERATEU, qui fait le lien avec l'assiette, ainsi que LIBELLE et GESTIONNAI (nom du gestionnaire de la servitude). Certains types de SUP ne requièrent pas de table GENERATEUR distincte — notamment lorsque le générateur est confondu avec l'assiette. Le modèle CNIG précise, pour chaque type, si cette table est obligatoire, facultative ou non applicable.

La table ACTE_SUP référence les documents juridiques institutifs : type d'acte (TYPEACTE : arrêté préfectoral, décret, loi), date de l'acte (DATEACTE), numéro de référence, et idéalement un lien URL vers le document numérisé (URLACTE). Cette table est régulièrement négligée par les prestataires, alors qu'elle conditionne directement l'opposabilité documentée de la servitude dans les outils des instructeurs et la traçabilité juridique du jeu de données.

La relation entre ces trois tables s'établit via l'identifiant IDSUP, qui doit être unique à l'échelle du jeu de données et respecter la convention de nommage CNIG : [CodeDépartement]-[CodeCommune]-[TypeSUP]-[Numéro séquentiel]. Par exemple, 31-555-AC4-001 désigne la première servitude de type Monument Historique de Toulouse. Cette convention n'est pas optionnelle : le validateur GPU contrôle le format des identifiants et rejette les jeux de données non conformes.

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Contrôle qualité SUP : checklist complète avant livraison au GPU

Le contrôle qualité d'un jeu de données SUP est l'ensemble des vérifications géométriques, attributaires et topologiques appliquées avant toute livraison, permettant de garantir la conformité du fichier au standard CNIG et son acceptation sans erreur bloquante par le Géoportail de l'urbanisme.

Un jeu de données SUP non contrôlé avant livraison génère des rejets automatiques sur le GPU ou, plus grave, des erreurs silencieuses qui faussent l'information délivrée aux pétitionnaires. Ces erreurs silencieuses sont particulièrement dangereuses : elles ne bloquent pas le dépôt, mais induisent des périmètres incorrects ou des codes erronés affichés dans l'interface publique du GPU. Le contrôle qualité doit être intégré au workflow de production en amont — et non uniquement réalisé comme une vérification finale — en couvrant trois niveaux successifs.

Vérifications géométriques

Les vérifications géométriques portent sur l'intégrité des géométries elles-mêmes. Elles comprennent l'absence de géométries nulles ou vides dans les tables ASSIETTE et GENERATEUR, l'absence d'auto-intersections (polygones en nœud papillon), la cohérence du système de projection — le standard CNIG impose impérativement le RGF93 / Lambert-93 (EPSG:2154) pour la métropole, et les projections locales adaptées pour les DOM —, et le respect des types géométriques attendus par type de SUP. À titre d'exemple, une servitude AC4 (périmètre de 500 mètres autour d'un monument historique) doit être représentée par une géométrie surfacique ; livrer un point ou une ligne pour ce type entraîne un rejet immédiat.

Vérifications attributaires

Les vérifications attributaires garantissent la complétude et la cohérence des données non géométriques. Elles portent sur la complétude des champs obligatoires (aucun NULL autorisé sur IDSUP, TYPESUP, IDGENERATEU), l'unicité des IDSUP à l'échelle du jeu de données, la conformité des valeurs TYPESUP à la nomenclature CNIG en vigueur (toute valeur hors liste est rejetée), et le formatage correct des dates (DATEACTE, DATECREATIO) au format ISO 8601 : YYYY-MM-DD. Une date saisie au format DD/MM/YYYY n'est pas reconnue par le validateur GPU.

Vérifications topologiques

Les vérifications topologiques concernent les relations spatiales entre les objets. Il convient de vérifier la cohérence spatiale entre assiette et générateur — le générateur ne doit pas se trouver à une distance anormale de son assiette — et de contrôler que les assiettes SUP n'empiètent pas sur des territoires hors du périmètre communal concerné sans justification documentée dans SRCGEOM.

Des outils comme FME, QGIS avec des modèles de traitement dédiés, ou les validateurs du GPU permettent d'automatiser une grande partie de ces contrôles. Il est fortement conseillé de constituer un profil de contrôle qualité spécifique SUP réutilisable d'un projet à l'autre, en capitalisant sur les retours d'erreurs des premières livraisons.

*Vous souhaitez automatiser vos contrôles qualité SUP et intégrer ces vérifications directement dans votre workflow de production SIG ? Les équipes IDS France peuvent vous accompagner dans la mise en place de profils de validation adaptés à vos outils.*

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Livrer vos données SUP sur le Géoportail de l'urbanisme : formats, dossiers et procédure

Livrer un jeu de données SUP au Géoportail de l'urbanisme consiste à soumettre, via l'interface dédiée du GPU ou par dépôt SFTP administré par le service instructeur, un ensemble de fichiers structurés et nommés selon les conventions CNIG, accompagnés des métadonnées INSPIRE et des pièces administratives associées.

Le GPU accepte les livraisons SUP dans trois formats principaux :

FormatExtensionAvantagesContraintes
GeoJSON.geojsonLéger, lisible, standard web, recommandé CNIGLimité à 2 Go, encodage UTF-8 obligatoire
Shapefile.shp + annexesLargement supporté par les SIGNoms de champs limités à 10 caractères
GeoPackage.gpkgConteneur multi-couches, robuste, montantMoins courant dans les workflows instructeurs

Le standard CNIG recommande aujourd'hui le GeoJSON pour les nouvelles livraisons, en raison de sa meilleure interopérabilité avec les API du GPU. Le Shapefile reste accepté pour des raisons de compatibilité ascendante, mais ses limitations sur les noms de champs (10 caractères maximum) imposent de vérifier que les alias d'attributs CNIG sont correctement mappés — un champ IDGENERATEU tronqué à IDGENERATEU reste dans la limite, mais un attribut comme DATECREATIO doit être vérifié caractère par caractère.

L'organisation du dossier de livraison doit respecter la structure suivante, sous peine de rejet à l'étape de validation formelle : un dossier racine /SUP/ contenant les fichiers ASSIETTE_SUP_[CodeDept].geojson, GENERATEUR_SUP_[CodeDept].geojson et ACTE_SUP_[CodeDept].geojson, un sous-dossier /DOCUMENTS/ regroupant les PDF des actes institutifs numérisés, et un fichier METADONNEES.xml correspondant à la fiche de métadonnées INSPIRE au format ISO 19139.

Cette fiche de métadonnées est un élément souvent sous-estimé. Elle doit renseigner a minima le titre du jeu de données, la date de création, la date de dernière mise à jour, l'emprise géographique (bounding box), le système de référence spatial, le nom et les coordonnées du producteur, et les conditions d'accès et d'utilisation. Un jeu de données SUP livré sans métadonnées conformes au format ISO 19139 sera refusé ou mis en attente par le service instructeur — et les métadonnées incomplètes constituent la troisième cause de rejet la plus fréquente, après les erreurs de projection et les champs obligatoires manquants.

Après dépôt, le GPU procède à une validation automatique. En cas d'erreur, un rapport de validation est généré et accessible depuis l'espace producteur. Il convient de traiter chaque erreur signalée, y compris les avertissements, car ils peuvent bloquer l'affichage public de la couche ou conduire à des incohérences silencieuses dans le rendu cartographique.

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FAQ SUP CNIG : les questions que posent collectivités et géomaticiens

Points clés à retenir

La conformité d'un jeu de données SUP au standard CNIG repose sur plusieurs exigences qui s'articulent entre elles. Sur le plan juridique, les SUP sont des limitations administratives du droit de propriété opposables aux tiers uniquement lorsqu'elles sont correctement annexées au PLU dans les délais prescrits par les articles L. 151-43 et R. 153-18 du Code de l'urbanisme. Sur le plan technique, le modèle de données CNIG distingue trois tables obligatoires — ASSIETTE, GENERATEUR et ACTE — reliées par un identifiant unique IDSUP dont la convention de nommage doit impérativement être respectée. La nomenclature de plus de 80 codes SUP regroupés en cinq familles thématiques doit être appliquée sans approximation, car chaque code conditionne les règles de constructibilité affichées aux instructeurs et pétitionnaires. Le système de projection RGF93 / Lambert-93 (EPSG:2154) est obligatoire pour la métropole et tout autre système entraîne un rejet automatique par le validateur GPU. Le format GeoJSON est recommandé par le CNIG pour les nouvelles livraisons, tandis que le Shapefile reste accepté sous réserve de respecter la contrainte de nommage à 10 caractères. La fiche de métadonnées INSPIRE au format ISO 19139 est obligatoire et doit renseigner a minima le producteur, les dates, l'emprise et le système de référence. Enfin, le contrôle qualité — géométrique, attributaire et topologique — doit être intégré au workflow de production en amont, et non réduit à une vérification finale, pour éviter les rejets et les erreurs silencieuses préjudiciables à l'information délivrée aux usagers.

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La conformité d'un jeu de données SUP au standard CNIG ne s'improvise pas : elle exige une maîtrise des nomenclatures, une rigueur dans la structuration des couches et une connaissance précise des exigences du Géoportail de l'urbanisme. Les équipes d'IDS France accompagnent collectivités, bureaux d'études et services de l'État dans la numérisation, la structuration et la livraison de leurs données SUP, de la phase de diagnostic jusqu'au dépôt validé sur le GPU. Contactez-nous pour bénéficier d'un accompagnement sur mesure adapté à vos projets de mise en conformité documentaire.

*Cet article est fourni à titre informatif. IDS France est expert en cartographie, SIG et ingénierie géospatiale. Nos équipes n'incluent pas de juristes en urbanisme et ne garantissent pas la conformité juridique de vos documents. Pour toute interprétation juridique, rapprochez-vous d'un professionnel du droit.*

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